Philippe Grigrnet, iaijutsu

Iaijutsu

Le iaijutsu (居合術) est l’art de dégainer et de couper en un seul et même geste, en un seul et même temps. C’est un art du dégainage rapide, qui se répandit à travers le Japon sous l’influence de Hayashizaki Shinsuke Shigenobu à la fin du XVIe siècle. L’enseignement du iaijutsu s’est diversifié et enrichi au fil du temps. C’est à partir du XXe siècle que le terme iaido fait son apparition désignant une pratique qui donne une place prépondérante au développement spirituel et moral. Cette pratique se démarque du iaijutsu ancien dans lequel l’efficacité combative prime.

Au Meibukan nous pratiquons le iaijutsu des écoles Shinmei musô tô-ryu et Isshin musô-ryu.

Shinmei Musô tô-ryu

Cette école a été fondée au début du XVIIe siècle par Tô Shumotsuke No Kami Motoharu, qui était un vassal du clan Matsudaira. Le nom de l’école fait référence à l’expérience mystique du fondateur auprès des sanctuaires de Kashima et de Katori.

Isshin Musô-ryu

Ce style a été créé par Pierre Salvetti. Elle est le fruit de son expérience dans diverses disciplines (iaido, kendo, aikido, kenjutsu, iaijutsu, mikkyo…), dans diverses écoles (Musô shinden-ryu, Seitei iai, Shinmei musô tô-ryu…), d’une lecture passionnée de centaines d’ouvrages et d’un travail très personnel du ki et de yomi. Précision, rapidité et puissance rythment la pratique. Pierre Salvetti explique :

Pour moi, le ki est la manifestation d’une énergie subtile véhiculée par une forte détermination. Yomi fait référence à l’esprit intuitif ou l’art de sentir une attaque avant qu’elle ne se manifeste. Je souhaite exprimer ces deux concepts fondamentaux dans un style de iai que j’ai librement choisi et créé, après des années de pratique, de recherche et de réflexion.

Durant la pratique, les iaidoka apprennent à construire leur corps, à travailler leur shisei (posture) et leur attitude. Ensuite vient le travail de kokyuhô (méthode d’inspiration et d’expiration) et de haragei (l’art d’utiliser le ventre), puis du ki (énergie), et enfin de shin ou kokoro (le coeur, l’esprit intuitif). Pour ce dernier, il s’agit de s’entraîner à ressentir l’attaque avant même que celle-ci ne jaillisse de l’adversaire. On agit ainsi avec une avance certaine et déterminante en situation de combat.

Cette école respecte les lois de la nature en ce sens que le corps se conforme à la loi de la gravité, à l’énergie ondulatoire, etc.